mardi 19 mai 2009

Une relecture.

J'affirme qu'il me l'a dit. Il me l'a dit à moi. Que la littérature c'était tout le contraire d'une vérité toute nue, d'une vérité pudique, que la littérature était une partition de chantages hypnotiques parce qu'elle était une somme d'enchaînements bâtisseurs et de couacs mécaniques qui ne se muaient qu'à vif, à vif, exclusivement. Que la langue a un sens puisque chaque mot en a, qu'il est une entité aimantée singulière. Et que si la langue meurt ce sera d'être cellophanée, lessivée bacs d'antiseptique, en son linceul javellisée.

Les Juins ont tous la même peau
, Seuil, coll. "Points", p. 30.

Elle a ces mots-là, elle a eu ces mots-là la littérature est le but de la vie, la littérature est la vie.
Jamais plus je n'aurai peur de m'y asphyxier.
Chloé.
Chloé.
Je suis tellement désolée.
Je ne puis cesser de parler de vous mais vos mots, ces mots-là, rien que.
Neige éternelle en creux des mains.
Miraculosité.
Comment pourrais-je cesser.
Jamais les mots n'ont paru si fort que ce soir
Jamais les mots plus forts que la vie sauf


Les mots sont ce qui sauve.

Le rythme, le verbe, la syntaxe, les sons, l'éclat.
Changez tout ça et il ne reste plus rien.

Et je me saignerai de tout faire pour les protéger.
Narratologue pourquoi
Bidouilleuse de mots why
Voilà.
J'ai trouvé le son juste.
Le Verbe ma peau nue, assortie de coups la chair saigne et les cicatrices reste et voilà pourquoi


la littérature est éphémère.
Et c''est pour ça qu'il faut qu'elle vive.