mardi 19 mai 2009

(des jours sans toi, bis)


Infernal cycle que de se dire

à quel point toi, sans toi,
à quel point je suis, terreur,
à quel point l'été, horrible
sans toi,
en espace clos à sourire de condescendance aux pauvres inconnus qui m'oublieront et que j'oublierai
à peine le dos tourné,
et ça
140h par mois.

J'ai déjà la mélancolie de me dire que dans un an ce sera déjà la fin et que peu importe la suite les sourires ne seront plus les mêmes ni les mots ni les détours de couloir plus de clopes échangées plus de livres manipulés avec soin plus rien que la distance de nouveau et même se retrouver dans le même espace ne nous poussera plus à y être en égalité malgré tout,
Et après ça si tout marche il faudra courir à l'autre bout de France et parler avec un autre que tu connais que tu apprécies mais qui n'est pas toi [passe ton HDA putain]
Et après ça il faudra continuer à avancer même si tu entres dans ma vie tu n'y seras jamais comme les mots volent dans la tête même si tu entres dans
l'espace vital entre néant et décomposition qu'on appelle moi
ce ne sera jamais que pour boire vodkas et rigoler un peu mais jamais tes mains au profond de moi,
jamais te voir dormir,
jamais savoir ce qui te tourmente,
à jamais serons-nous prostrés dans un vous de bonne entente qui n'ira pas plus haut.


Je ne suis pas dupe.
Ces moments sont précieux.
Ces moments-là où je peux encore me permettre d'espérer en me moquant de moi-même parce que trop bête, trop caricatural, trop prévisible.
Mais ces moments-là sont surtout précieux parce qu'ils sont éphémères et que l'angoisse de ne pas te voir me tenaille,

et que même si un jour Sally rencontre Jack l'angoisse ne sera plus.

Je voudrais tellement que tu lises mais je connais trop bien ce qui en suivra,
alors mieux vaut que je me taise et continue à sourire et voler de tes sourires
sans que tu comprennes très bien pourquoi je te cherche et pourquoi mon coeur se serre quand il y a plein de monde tout autour de la terre et tout autour de moi
mais que tout est dépourvu parce que l'arc-en-ciel, étiolé déjà