samedi 6 décembre 2008
(des jours sans toi)
sans toi le bleu pourrit la laideur s'habitue
les plus fines paroles ne sont plus que broussailles
la nuit ne peut dormir les objets lents vieillissent.
que suis-je venu faire ici dans cette force creuse
dans cette léproserie où nul ne s'aventure
sinon les oiseaux affamés frileux informes.
sans toi je suis sans moi séparé de tout lieu
le corps nul sans poitrine et sans bouche et sans sexe
sans toi demain déjà lointain ce feu sans flamme.
que seraient-ils sans toi ces regards ces archets
nocturnes. le jour creusant en nous sa clarté crue.
que seraient les années siècles minutes secondes.
ce temps de fin du temps quand le froid nous saisit
nous empoigne nous mord se referme comme un
coffre. le temps sans toi le sable où je m'enlise.
que serait-ce que ce temps sans ton corps et ta bouche
ta chaleur ton désir tes yeux tes mains ton sang
que serait-ce que ce temps sans question ni réponse.
sans toi je ne sais plus ce que c'est que de vivre
ce que sont les sourires les fenêtres ouvertes
ni les nuages ni la couleur ni le silence.
Lionel Ray, Nuages, Nuit
les plus fines paroles ne sont plus que broussailles
la nuit ne peut dormir les objets lents vieillissent.
que suis-je venu faire ici dans cette force creuse
dans cette léproserie où nul ne s'aventure
sinon les oiseaux affamés frileux informes.
sans toi je suis sans moi séparé de tout lieu
le corps nul sans poitrine et sans bouche et sans sexe
sans toi demain déjà lointain ce feu sans flamme.
que seraient-ils sans toi ces regards ces archets
nocturnes. le jour creusant en nous sa clarté crue.
que seraient les années siècles minutes secondes.
ce temps de fin du temps quand le froid nous saisit
nous empoigne nous mord se referme comme un
coffre. le temps sans toi le sable où je m'enlise.
que serait-ce que ce temps sans ton corps et ta bouche
ta chaleur ton désir tes yeux tes mains ton sang
que serait-ce que ce temps sans question ni réponse.
sans toi je ne sais plus ce que c'est que de vivre
ce que sont les sourires les fenêtres ouvertes
ni les nuages ni la couleur ni le silence.
Lionel Ray, Nuages, Nuit
