vendredi 5 décembre 2008

Je me tais. C'est pour ne pas parler de moi. En moi un grand vide. Moi est un miroir passionnant. Mais uniquement pour moi. Alors je me tais.
Je me tais parce que c'est toi, amour, qui emplis le vide en moi, et je ne peux ouvrir la bouche quand je suis face à toi. Parle amour, parle. Je veux tout de toi. Je veux tout savoir de toi.

Laisse-moi ton visage entre mes mains, écarquiller mes yeux, entrouvrir tes lèvres et ma bouche s'emplir de toi.
Laisse-moi apercevoir le vide en toi, laisse-moi me rendre compte que tes paroles sont vaines. Laisse-moi te taire.
Communier nos vides au coeur du vide, devenir l'unique grand Vide qui compte, l'unique grand Vide, l'empli de silence.
Le vide océanique et de la matière, ce vide sans lequel rien n'existe.
Mais les mots sont vains. Si vains. De nouveau si vains.
Laisse-nous nous taire. Dans un grand jamais. Laisse-nous nous évanouir dans la nuit néante – que nos corps disparaissent et que, liés par notre disparaître, nous ne soyons plus que l'ombre de nous-mêmes, fusionnant, à l'absence d'unité, de lieu, de temps.