Douleur désormais enfouie. Reléguée au fond des souvenirs avec un cadenas dont la clef a été perdue. A présent mon point de vue n'est plus que celui de la voix qui dissèque et organise les mots pour que le sens et la vérité que je souhaite leur donner atteignent au plus près l'idéal promis - la dessiner elle, la dessiner moi, avant le clash final.
Après je vais devoir attendre.
Mon prochain projet est sur l'à présent. Lui et moi. Cet embrouillamini, ces fous rires, ces clopes échangées et cette indécision. Me refuser à lui dire parce que j'en connais l'enjeu. Et ce soupçon de tragique parce que durée limitée, et au mieux en cas de rêve exaucé, ne durant qu'un an, deux ans, pour ensuite fuir et continuer ailleurs, sans lui. Nous sommes voués à ne pas être. Ecrire sur cette absolue conclusion, écrire sur ce déchirement de savoir ce qui me hante et qu'encore je dois taire. Ecrire mon ras-le-bol mais aussi les joies. Mais pour cela, il faut attendre. On ne peut écrire qu'à coeur reposé. On ne peut s'écrire qu'une fois qu'on est en mesure de pouvoir rire ou s'émouvoir de ce qu'on fut.
Alors j'attendrai. Ca tombe bien, j'ai un mémoire à rédiger, et un lien impossible à vivre quand même, clopes encore échangées et mains brumeuses à 8h du matin entre deux cafés, sans jamais rien dire.
Tout cela me manquera, d'ici un an, mais l'écriture sert à cela aussi : tout cela sera mort mais continuera à vivre un peu plus, rien qu'un peu, entre des serrements de gorge et l'éclat de rire, à quel point j'aurai été naïve de m'y laisser piéger en sachant très bien, à quel point la tristesse de savoir qu'au final ce ne sera guère. Mais bon. La vie a ses raisons.
Il ne le saura probablement jamais, mais à quel point ton importance dans ma vie, démentielle et démontée, à quel point amour, à quel point tu m'as parachevée.
