dimanche 26 avril 2009

Tentative d'immersion dans la pensée contemporaine après l'ami Derrida, spéciale dédicace à Tipiak.

Ou quand ma soirée privée avec Raymond Federman s'est métamorphosée en rigolo fourire
Ou quand des jeunes de l'école de théâtre d'à côté qui ne le connaissaient pas se sont marrés comme des baleines à l'entendre, alors qu'il nous lisait des extraits d'un bouquin inconnu de moi-même intitulé Coup de pompes où il raconte comment, plongé dans une phrase de poème dans la tête, il se fait hêler par un connard en grosse voiture couleur limace (ou escargot, ou pomme de terre, j'ai oublié) et finit par lui rentrer dedans avec jubilation.
Ou quand on a mangé des nems en plastique accompagné d'un couple inconnu : lui Québécois de Montréal assez drôle *Henwyyyy Millaaa*, elle qui travaille pour le Musée de la Danse [CF.INFRA]. Clopes échangées, tourniquets détournés, discussion sur comment-qu'on-fait pour être publié avec le jeune auteur accompagnant Federman le temps de la soirée, Jérôme Gontier, qui tout retourné de s'être fait interroger sans vergogne par l'ami Raymond, achement intéressé par son livre, en bégayait encore. Et oui, snobage intensif d'une prof de ma connaissance qui a fait comme si mes mots comptaient pour du beurre [T'INQUIETE, ON L'AURA UN JOUR, ON L'AURA].
Ou quand à la fin, blablatant avec le Québécois on aperçoit Mista an' Missiz Federman tout paumés devant le lieu à poirauter pour un taxi. Raymond Federman paumé dans la ville du corps et personne qui n'y fait attention. Hallucinant. Pour finir Laure Limongi qui débarque affollée, Mista an' Missiz s'étaient trompés de porte. Tout est bien qui finit bien. Avec quand même un regret : aucun blond de bout de couloir en vue de toute la soirée, si ça se trouve, torturé comme il est il a oublié. Enfin faut pas lui en vouloir, la veille il était en mission scientifique.

Ou quand Dévore se retrouve embarqué à écouter du bruit intitulé "concert" et à mater des déboires soliloqués en guise de danse contemporaine
Madame Musée de la Danse m'avait prévenue : de 19h à 7h du matin, rendez-vous au Garage, ça va être la teuf du siècle, giga-représentation de danse contemporaine pour finir sur un méga-p'tit dej à vous en exploser la tuyauterie. Certes. Au sortir du taf-torture je cavale jusqu'à l'autre bout de la ville, trouve l'endroit et me pose. Je suis le monde qui s'enthousiasme pour un concert, curieuse je reste et tout à coup ah, de la musique contemporaine. aaaahhhh [AAAAHHHH, POUR UNE FOIS NOUS SOMMES D'ACCORD] Bah c'est pas compliqué, vous prenez une platine, des disques rayés et vous bougez vos doigts dans tous les sens en essayant de créer le maximum de discordances possibles et ça y est, vous faites de la musique contemporaine et êtes sacré grand manitou de la new new post new wave, en plus de ça vous serez acclamé par des jeunes gens dont le look eût présupposé au départ qu'ils étaient fervents admirateurs d'un bruit d'un autre genre, mais compréhensible celui-là, à savoir Eths.
Les deux heures suivantes furent consacrés à essayer de piger pourquoi la demoiselle du couloir se tordait comme un ver sur un hameçon au rythme déglingué d'un disque de butô trafiqué dont les consonances étaient certes agressives pour les oreilles, pourquoi le monsieur du hall d'entrée roulait des pelles à la vitre avec un sac à patates sur la tête, pourquoi on prit malencontreusement une danseuse pour une personne sujette à des troubles épileptiques, pourquoi on évita de justesse au moins 38 fois une main par terre qui appartenait à des gens en train de faire semblant de dormir. Les seuls trucs pigeables, à dire vrai : un cours de jazz au ralenti, dont on voyait déjà où ça voulait en venir et une danse très très très lente avec de jolies demoiselles. Ca devait durer 12h, on est parti au bout de deux, let's go for the Vodka Tagada, de rage et de désespoir parce qu'impossible de comprendre pourquoi on a adoré Tuer Catherine et pourquoi là ça n'est définitivement, mais alors définitivement pas passé. Il est encore loin, le graal de la pigeation de l'art dit contemporain.