lundi 6 avril 2009
Ciels malades
Je hais le sur-moi en ce moment. Drôlement présent partout. Les gens s'extasient devant les bébés, nouvelle viande qui finira dans le ventre d'une autre ou pourrira quand ils auront assez fait de mal autour d'eux, après avoir engrossé à leur tour une ou trois malheureuses qui ne seront même pas assez lucides pour se rendre compte qu'elles auront été manipulées. Par leur ventre. Par leur matrice qui leur aura sussuré une femme n'est pas femme tant qu'elle n'est pas mère, une femme ne sert à rien si elle ne pond pas.
Le surmoi aussi, si gentiment hypocrite quand il s'agit de montrer mais oui je suis heureux pourtant la vie est moche mais j'y peux rien moi c'est comme ça faut accepter faut accepter. Et ça rigole ça rigole et ça court au septième ciel sans penser qu'au delà du septième ciel il y a le vide la mort le néant l'absence de sang la souillure et la tristesse, éternelle tristesse.
Le surmoi qui pousse à pas casser la figure à l'idiot qui vous nargue faut rester distingué tandis que lui, limite plus libre parce qu'il se sera refusé à écouter son surmoi, à ne s'y pas laisser piéger.
On se dit libre mais rendez-vous compte on a même pas le droit de pleurer en public parce que ça fait tâche.
On a même pas le droit d'aimer qui on veut parce que franchement, le sexe ou l'âge c'est tellement, tellement plus important que d'oser affronter la vie en se foutant royalement de ce qu'on pourra murmurer.
Je vois les gamines de dix-sept ans et je vomis, je vois bien qu'elles oublient qu'elles sont elles-mêmes, leurs fringues qui leur collent à la peau et surtout les sourires les mêmes sourires, se croire heureux mais voilà rho là là tu sais pas quoi j'ai acheté un super mascara franchement il est trop classe oui mais en attendant ma chérie là personne te regarde.
Oh eh puis le sur-moi, quand on se sent proche à l'envoyer bouler aussitôt une giclée de ma pauvre tu te perds va voir un psy ça va te faire du bien le psy il est là pour ça, oh oui, surtout là pour vider mon compte en banque.
Et puis se dire bah la vie d'adulte oui c'est emmerdant mais pense que t'en as que pour quarante ans après t'as le droit de vieillir et de devenir rabougri sans plus être emmerdé, forcément travail ça vient de tripalium qui veut dire torture donc bon, faut souffrir pour être vieux.
Le surmoi c'est les leçons de bonheur d'un Bernard Werber qui dit faut être heureux de se dévouer pour autrui, en attendant il reste bien contemplatif devant lui-même - le sur-moi, c'est franchement à vomir tellement c'est clair, à gerber tellement personne ne se rend compte du piège.
Dans ma tête, voilà pourquoi, la grande question, tous les jours tout le temps :
et si j'en veux pas, de tout ça, d'une vie comme ça,
je fais quoi?
je me suicide?
