vendredi 20 mars 2009
Faire le deuil d'un rêve. La mort est une musique.
Crever, sous terre, tout une fois on est mort mais je suis persuadée que une fois qu'on est mort on continue à pleurer parce que les êtres aimés ils ne sont plus là, surtout ceux qu'on n'aura jamais pu embrasser parce qu'ils le voulaient pas
Amour je voulais t'abandonner mais je me rends compte que je ne le peux absolument pas sinon je vais encore plus mourir qu'avant, les gens normaux ils abandonnent parce qu'ils n'ont pas le choix moi je n'abandonne pas parce que si je t'abandonne c'est la vie que j'abandonne avec toi, les Vivants de la chambre d'à côté veulent me tuer parce que je te préfère à eux, tout à l'heure j'étais en pleurs elle n'a même pas daigné me regarder, je suis même sûre qu'elle souriait, ayez la famille nan faut tous les buter, et toi tu m'as raccroché au nez hier parce que tu voulais pas m'entendre souffrir et geindre et te dire c'est toi que j'aime c'est toi que j'aime c'est toi que je veux toi tu veux pas mais ça va nous faire souffrir on va être malheureuses est-ce que je ne le suis pas déjà assez comme ça, dis-moi, regarde mes joues dévastées par l'acide des larmes, regarde mes mots qui feraient peur à un psychiatre, regarde mon goût absolu pour le morbide Eths et la complaisance des tombes, regarde et dis-moi, trouves-tu normal que je souffre à ce point, trouves-tu normal de pleurer pour quelque chose que je savais, non tout ça est anormal je suis difforme, le pire je crois c'est que tu m'aimes comme ça, mais dis-moi, dis-moi pourquoi tu ne me détestes pas, dis-moi pourquoi tu m'aimes, ça n'a pas de sens, je suis vouée au dégoût, dégoût, je me vomis devant mes joues rouges et mes noeuds infâmes dans la gorge et les jambes
Me reconnaître dans les mots de Chloé et pleurer à ses pages à ses notes de musique comment je peux oser me dire que je ne suis pas bouleversée quand elle déclare que faire le deuil d'un rêve, enfin c'est pas sa voix mais enfin, on connaît, faire le deuil d'un rêve c'est pire que perdre un être ou un chagrin d'amour dois-je en conclure que je te perds, mon rêve, je te perds, plus que jamais je suis réduite à te perdre
Et à ceux qui voudraient me traiter de pleurnicharde ayez donc dans la tête des morceaux de verre qui s'accrochent aux parois ayez donc dans le coeur le tragique explicité parce qu'on ne peut pas aborder la vie autrement que ça, soyez épouvantés de vous retrouver dans les mots de Chloé, subissez votre existence à chaque seconde, crevez de vous dire que vous ne restez que parce que vous ne pouvez vous résoudre à penser que tout le restant de sa vie elle subira le poids de la culpabilité si vous avalez les perles, crachez sur vos antécédents de vous avoir mise au monde - subissez tout ça, venez me voir on en reparlera, sinon je refuse de vous entendre, vous ne pourrez comprendre, vous me direz que la vie c'est joli c'est sublime oui mais nan vous comprendrez pas, jamais, vous comprendrez jamais
Saut du lit à
09:01
