On ne peut à la vérité rien dire sur Antoine Volodine. Sinon une grande question. Une question qui n'a pas de formulation, et ne trouvera sans doute pas de réponse.
dimanche 8 février 2009
On ne peut pas tout dire sur Antoine Volodine.
On ne peut pas tout dire sur Antoine Volodine on ne peut pas parler de l'auteur dont on ne connaît pas le nom et qui refuse la paternité de ses écrits, oeuvres accouchées sous [rayons] X aux bras innombrables et aux langues arrachées lambeaux de peau sans attaches [au réel] et sans inscription [patronymique terrienne temporelle] on ne peut pas dire qu'il y a attache à la fois au passé et au futur avec de curieuses résonnances dans un monde qui nous semble trop proche du nôtre pour ne pas rester les yeux et la tête et nos perceptions en miettes on ne peut pas parler du post-exotisme qui ne veut rien dire exotisme qu'est-ce post pourquoi post-post-modernisme ou anti-retour fin de l'exotisme fin de la littérature comme volonté d'évasion dénonciation du réel ou seule boutade aux critiques qui veulent toujours tout expliquer on ne peut pas dire que les prisons d'où les auteurs qui n'existent pas écrivent sont similaires aux nôtres et pourtant si en même temps non ces prisons qui forment la communauté silencieuse de la littérature en péril gigantesque métaphore ou déraison on ne peut pas dire qu'on n'a pas de frissons à le lire 1984 coloré en mode putréfaction on ne peut pas dire qu'on ne se reconnaît pas dans les animaux mis en scène dans l'éléphant convoîté par l'humaine au crabe étrange qui se retrouve à enfanter pour pouvoir assassiner sa progéniture et se délivrer on ne peut pas parler de Madame La Gauche Mort et de son incongruité à apparaître et disparaître quand on s'y attend ou ne s'y attend pas on ne peut pas parler des formes littéraires inventées désabusées déjà narrats étranges où l'on sauve des souris pour les confier à de belles inconnues en voiture qui les écraseront ou ne les écraseront pas rien ne le dit rien n'est prouvé où un homme a juste le temps de mourir sans cesse sans avoir réalisé ce pour quoi il était prévu qu'il naisse où des lambeaux de peau se créent d'eux-mêmes et forment des individus qui créent le texte où de vieilles immortelles tentent sans y parvenir de prendre le pouvoir entrevoûtes emmêlées à des Shaggås indescriptibles et magiques le 7 toujours le 7 qui rythme les écrits et les mots on ne peut pas dire qu'il rêgne des structures implacables et presqu'improbables des voix narratoriales en perte de propriétaire des indécisions pronominales des performances stylistiques qui n'ont pas lieu d'être sinon leur propre existence vouée à la négation
On ne peut à la vérité rien dire sur Antoine Volodine. Sinon une grande question. Une question qui n'a pas de formulation, et ne trouvera sans doute pas de réponse.
On ne peut à la vérité rien dire sur Antoine Volodine. Sinon une grande question. Une question qui n'a pas de formulation, et ne trouvera sans doute pas de réponse.
Un grand
[X]
Saut du lit à
23:33
